L'histoire du Surcyclage partie 1
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L’histoire du Surcyclage : Faire du cool avec du vieux.

Depuis le réveil des consciences, la culture “mode écologique” évolue vite et s’enrichit rapidement au fil de nouvelles techniques. On vous a déjà parlé du verdissement, pas besoin de refaire la leçon, on rentre dans le vif du sujet. On pourrait vous parler de cuir végétal ou de denim naturel, mais aujourd’hui, on voulait vous parler du surcyclage. Une tendance phare de l’économie circulaire plus connue sous le patronyme “upcycling”. Ici, on aime ajouter notre touche made in France alors on va décrypter pour vous le surcyclage et vous expliquer pourquoi c’est encore mieux que le recyclage. Que signifie-t-il réellement ? Quelle est son histoire et son réel impact ? Quel rôle joue-t-il dans la mode ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre à travers ces quelques lignes.

L’histoire du surcyclage est née en même temps que les Spice Girls

On aurait pu attribuer les prémisses du surcyclage à un artiste contemporain avant-gardiste français : Marcel Duchamp. Il est vrai que son idée, certes audacieuse, de transformer un urinoir en fontaine avait déjà tout du surcyclage. Mais 1917 n’était pas prêt à tant d’innovations.

L’histoire du surcyclage débute réellement dans une période charnière de la responsabilité écologique, celle qui marque à la fois le début des Boys et des Girls Band, mais qui annonce surtout un changement majeur dans nos manières de consommer. Petit remix eco cool : If you wanna be my lover, you gotta get with my planet … Alors qu’on regardait Dragon Ball Z en jouant au Snake sur nos Nokia 3310, tout en s’occupant de notre Tamagotchi, il se jouait en coulisse des grosses remises en question de nos manières de consommer.

Comme vous l’avez sûrement compris, c’est donc au milieu des années 90 que l’upcycling tel qu’on le connaît débarque. Au début, il prend plus la forme de projets « do it yourself » so trendy mêlant récup’ et retape. Vous vous souvenez avoir essayé de faire un vide-poche ou une coupelle avec des capsules de bouteilles (merci “Art Attack” sur Disney Channel) ou de faire une jupe de Barbie avec le jean de son mec ? Et bien, sachez que vous étiez déjà, sans le savoir, adeptes de surcyclage.

Neal Buchanan, animateur de l'émission Art Attack
Neal Buchanan, animateur de l’émission Art Attack

Comment est né le mot “Surcyclage” (Upcycling pour les intimes) ?

Ce terme a été utilisé pour la première fois par Reiner Pilz, ex-ingénieur reconverti en architecte d’intérieur. Dans une interview de 94, il déplore la perte de valeur causée par le recyclage : « I call it, downcycling. They smash bricks, they smash everything, where old products are given more value, not less. We need to start upcycling instead.”.

Vous avez compris ? Grosso modo, il incite les gens à redonner de la valeur aux vieux objets plutôt que de les détruire complètement pour les recycler. Au lieu de simplement trier les déchets, pourquoi pas, avec un peu d’imagination, créer un objet nouveau, plus beau. Une idée qui nous rappelle l’initiative #UpWrapping du collectif des acteurs durable de la filière textile française dont fait partie Low Impact.

Selon Reiner (un nom qui n’est pas sans nous rappeler celui de la marque Reiner_Upcycling), le surcyclage se différencie avec le recyclage à travers cette valeur ajoutée esthétique. Au lieu de faire du neuf avec du vieux, plutôt faire du beau avec du vieux. Cette notion s’inscrit dans la lignée d’une économie circulaire importante par son esprit vertueux anti gaspi.

L’histoire du surcyclage des années 2000

Côté géographique, le surcyclage naît d’abord là où les biens de consommation classiques sont rares et trop chers, c’est-à-dire dans les pays en voie de développement. Pour ses populations défavorisées forcées d’être ingénieuses, l’idée était de pouvoir récupérer des objets, les transformer et leur donner un usage nouveau. Quand on ne peut pas acheter, il est vrai que l’on a tendance à créer.

A la fin des années 90, tandis que l’économie circulaire prenait un nouveau tournant, le surcyclage devient une de ses tendances phares jusqu’à devenir vingt et un an plus tard, incontournable sous le nom plus commun de l’upcycling.

Pourquoi l’histoire pousse le surcyclage à devenir incontournable ?

Parce que surcycler c’est important, voire primordial, dans l’appréhension de notre conscience écologique ! Leçon en trois points :

Lucy Lui nous donne la leçon de l'histoire du surcyclage
Lucy Lui nous donne la leçon de l’histoire du surcyclage

1. Premièrement il possède un impact positif :

Il évite le gaspillage et réduit la production de déchets. Contrairement au recyclage, le surcyclage n’implique pas de transformation chimique extrême. On tolère le Tie and dye à l’eau de javel et la nouvelle peinture sur la coiffeuse de mamie. Aucune énergie (ou presque) ni matière première (ou presque aussi) n’est nécessaire, à part celle de bons outils, de nos mains et surtout beaucoup de créativité. On tolère une nouvelle bobine de fil ou quelques ajouts de matière au résultat final. 

2. Il implique aussi une créativité et un savoir-faire manuel

Il permet d’envisager d’anciennes matières ou objets d’une nouvelle manière tout en lui donnant une rareté incroyable. Le surcyclage implique donc “l’objet unique” ou au moins la séries très limitées. “Surcycler” 500 pièces, on appellera ça plutôt de la reprise de stocks, mais c’est déjà bien !

3. Enfin, l’histoire du surcyclage est indéniablement liée à son accessibilité

Il est facile à faire, à adopter par tous, tout le temps. Qui ne s’est jamais fait une superbe bague avec le métal qui entoure la bouteille de champagne un soir de réveillon un peu longuet ? 

Voici donc un concept qui coche toutes les cases : responsable, éthique, démocratique avec un impact positif sur, à la fois sur l’environnement et sur l’humain.

S’il est dans un premier temps apparu dans la déco et le design à travers des ateliers de retap ou des tutoriels vidéo (merci Valérie Damidot et ses ateliers pratiques) le surcyclage  semble plus que jamais transformer la seconde industrie la plus polluante au monde : LA MODE. Que l’on abordera dans les prochains articles sur le surcyclage !

Valérie Damido nous aide à Surcyler notre maison
Valérie Damido nous aide à Surcyler notre culture
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