la construction d'un vêtement au moyen age
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La manche sous toutes ses facettes.

Manche… On ne parle pas de la mer, ni de la partie solide d’un outil qui te permet de l’attraper. On ne parle pas non plus d’une partie de ton jeu de cartes favori. Vous l’aurez compris, on va bouder les bustiers pour aujourd’hui parler de LA manche, celle qui inonde nos placards. Courte, longue, 3/4 ou 7/8 c’est la partie d’un vêtement qui recouvre le bras. On vous a préparé la fast story des manches, si vous pensiez tout en connaître, vous allez être surpris !

Qu’est-ce qu’une manche ? 

À ce moment-là vous vous demandez sûrement si on va VRAIMENT vous définir ce qu’est une manche. Vous vous demandez par la même occasion si on pense vraiment que vous ne savez pas ce que c’est ? Rassurez-vous, ce n’est pas le cas. Vous découvrirez, en lisant la suite de l’article, qu’une manche n’a pas toujours été celle qu’on connaît (on est toujours surpris des secrets que nous cachent nos proches). C’est donc important de reposer les bases. 

L’emmanchure pour les nuls

Parlons confection. Sur un vêtement, une manche est littéralement un tube de tissus cousu au niveau de l’emmanchure. La liaison entre le buste et les bras. Cette emmanchure, ou entournure pour les plus vintage, peut prendre plusieurs formes. Elle déterminera en partie la forme de la manche. Des plus connues comme “l’emmanchure à manche montée” ou “l’emmanchure raglan”, aux plus rares comme l’emmanchure carrée. Elles auront toutes leurs avantages et leurs inconvénients sur la facilité de confection, la solidité, le style et le confort du produit final. C’est le bon moment pour un High Five improvisé !

Le top 5 des types de manches

La manche en elle-même peut aussi prendre plusieurs formes. Droite, bouffante, évasée, révélatrice ou légère, on retiendra parmi les infinies possibilités : 

  • Le mancheron, la plus courte.
  • La montée, la plus classique des manches.
  • La raglan, la manche la plus confortable.
Le mancheron, la montée, la raglan. Les trois premières manches du High-five.
Visuel réalisé par Sara Tantane
  • La pagode, la manche la plus trempée dans l’assiette.
  • La manche bouillonnée, la plus saucissonnée.
La pagode, la bouillonnée, les deux dernières manches du High-five.
Visuel réalisé par Sara Tantane

Il arrive que madame la manche fusionne complètement avec son ami le buste pour ne devenir qu’une seule et unique pièce. Leur liaison donne, entre autres, naissance aux manches chauves-souris et kimonos connues pour leur respirabilité des aisselles. Des économies en déodorant, bonnes pour la planète. 

On espère que la définition n’était pas trop longue. Pour les plus intéressés, on vous fera un véritable référentiel des manches et des emmanchures. Restez connectés à notre thésaurus ! Passons à la suite pleine de surprises et ça, c’est une autre paire de manches ! 

L’histoire de la manche 

Suite à notre étude réalisée avec la plus grande minutie, on dira, à la louche, que 97% d’entre vous ont déjà vu un film qui se déroule au Moyen Âge ou même avant. Si les costumières et costumiers ont bien fait leur travail, vous aurez donc pu observer que les vêtements de l’époque n’étaient pas du tout montés de la même façon qu’aujourd’hui. À l’époque, les vêtements coûtent très cher. Ils voutaient peut-être leur juste prix (mais ce n’est pas ici qu’on va débattre des effets de la fast fashion). Il fallait donc trouver des astuces pour pouvoir se les payer, on se remonte les manches pour vous expliquer. 

Des vêtements à plusieurs parties…

Quand on imagine les tenues d’époque, on voit de suite les robes de Kirsten Dunst dans Marie-Antoinette. En vérité ces tenues étaient portées par une infime partie de la société : la noblesse. Les moins aisés se contentaient d’une simple toge nouée à la taille. Généralement, le peuple avait quand même les moyens de se payer une ou deux tenues à vie, pas mal non ? (on se questionne un peu sur nos réels besoins quand on voit des collections sortir toutes les deux semaines). Cette tenue devait donc être portable en toute situation, dans les champs, au lavoir, en ville ou à la messe. Pour parvenir à ce tour de force stylistique, les robes étaient faites en plusieurs parties . Le jupon, plus ou moins volumineux en fonction de l’occasion, la jupe, le bustier et enfin : LES MANCHES. 

…pour un style plus durable 

Cette construction permettait, en cas de besoin, de ne racheter que la partie abîmée du vêtement. Cette construction permettait surtout de pouvoir être à l’aise en toute situation. Si, pour aller à l’église, on aime les tissus brodés et enjolivés avec des manches évasées, ce n’est pas très pratique pour travailler la terre. Rien de plus pratique pour manier ses outils qu’un jupon plat et des manches cousues près du bras dans un tissu solide. On change donc sa paire de manches en fonction de son activité. D’où l’expression « c’est une autre paire de manches » ! Comme quoi, tout s’explique.

Une troisième manche : La belle 

Gagner une manche c'est remporté un trophée.
Visuel réalisé par Sara Tantane

Pour cette troisième partie, on reste dans la catégorie expression autour de la manche. On va s’intéresser à un homonyme : la manche (c’est tout de suite plus clair, pas vrai ?). Vous savez la manche dont on parlait dans l’introduction, la manche qu’on peut aussi appeler la partie. Celle qui sert à se rattraper quand on a perdu la première partie de puissance 4. La manche quoi ! On la connaît tous. Ce qu’on sait un peu moins c’est que cet homonyme est directement relié à celle que l’on met sur le bras. Un nouveau petit tour dans la machine à remonter le temps pour vous expliquer. 

Une belle récompense

Retour au Moyen Âge, grande époque du romantisme amoureux et des joutes chevaleresques pour gagner l’amour de sa dulcinée. On ironise, mais c’était un peu ça. À l’époque, une joute c’est quoi ? C’est un affrontement entre deux chevaliers munis de lances géantes dans l’espoir de désarçonner son concurrent. Elle était gagnée en deux parties. Lorsque la première partie avait été gagnée, alors, une gente demoiselle, choisie pour l’occasion, offrait en récompense l’une de ses manches au valeureux chevalier. Si ce même chevalier remportait la deuxième partie alors il gagnait la seconde manche avec une jeune fille bras nus en bonus ! Première manche et deuxième manche… vous avez saisi ? 

Et en cas de revanche ? 

On vous a parlé de la situation optimale dans laquelle un seul chevalier remporte les deux manches. Et si la deuxième manche n’est pas remportée par le même chevalier, comment on fait ? Est-ce que la belle a un troisième bras manché caché quelque part ? Non. Si le second chevalier remporte la deuxième manche alors une troisième partie est bien là pour les départager. Celui qui gagne cette partie ne remporte pas de manche, mais directement la belle ! Si on reprend, on a donc la première manche, la deuxième manche (ou la revanche pour les intimes) et enfin LA BELLE ! C’est aussi simple que ça. 

La fast story sur la manche est désormais terminée. On espère que vous en savez un petit peu plus sur ce qui recouvre vos bras ! Cet article nous a été grandement inspiré par la vidéo d’une influenceuse upcycling et slow fashion qu’on adore MAISON CEE. Retrouvez la sur instagram @maison_cee et peut-être bientôt dans notre high five des influenceuses Slow Fashion, restez connectés. 

 

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